samedi 20 mai 2017

Le gout de l’ivresse de Matthieu Lecoutre



« Dis-moi ce que tu bois, je te dirai ce que tu es » 
"Dis-moi ce que tu bois : je te dirai ce que tu es » aurait pu asséner le gastronome Brillat-Savarin au début du XIXe siècle. Entre la France du vin et celle de la bière, la piquette et les grands crus, l’eau de rivière et les eaux médicinales, le lait et les jus, le garumantique ou les sodas contemporains, la boisson est un geste vital qui révèle une culture, signe un rang social, implique un jeu économique… Sur plus de 1500 ans, de la fin de l’antiquité à aujourd’hui, Matthieu Lecoutre regarde la boisson sous tous les angles pour nous en révéler les fastes et le quotidien.  Avec le lecteur, il sonde les caves du savoir historique en questionnant le goût, la nécessité, la sociabilité, l’excès, la médecine, l’éducation, l’esthétique, le plaisir, le sacré, le profane, la différenciation, la culture populaire, le genre, les normes morales, les orientations politiques, l’industrie agro-alimentaire, la publicité, la tradition ou la mondialisation.
L’auteur nous livre une analyse précise des racines alimentaires françaises et de ses évolutions au fil du temps et nous conduit à regarder sous un jour nouveau comment se sont construites nos pratiques parfois radicalement opposées, du binge drinking à base d’alcool fort au « repas gastronomique des Français » fondé notamment sur l’association raffinée des mets et des vins.
Professeur agrégé d’histoire, Matthieu Lecoutre est chercheur associé à l’équipe Alimentation de l’université de Tours François-Rabelais et au Centre George Chevrier de l’université de Bourgogne « Savoirs : normes et sensibilités ».

Votre commande a bien été expédiée de Nathalie Peyrebonne



Commander une cocotte en fonte rouge sur Internet, l’attendre, adresser une réclamation au service clientèle en regardant d’un œil Senior Story, la nouvelle et déroutante émission de téléréalité, lire, s’inventer une existence, inviter Lucia au Pays basque pour fêter l’arrivée de la cocotte : ainsi va, paisiblement, la vie d’Eugène.
Puis surviennent les premiers incidents.   Et le monde entier semble pris de hoquet.Jubilatoire, inattendu, mordant, le roman de Nathalie Peyrebonne est un conte de fée où les héros prennent leurs désirs pour des réalités.

Mort à bord de Michèle Barrière.



Mort à bord, le dernier roman policier, historique et bien entendu gastronomique de Michèle Barrière est dans les rayons des libraires. 
A déguster sans modération. Les amoureux des croisières de la Compagnie Transatlantique seront ravis…
Août 1936. La liesse des premiers congés payés ! À Deauville, où Adrien Savoisy a pris ses quartiers d'été, les riches habitués regardent d'un mauvais œil ces nouveaux vacanciers et crient au scandale. Adrien, lui, est tombé éperdument amoureux d'une jolie campeuse, Thérèse Madec. Hélas, peu après leur rencontre, deux jeunes filles sont retrouvées mortes sur la plage, dont une amie de Thérèse. Voulant à tout prix éloigner sa bien-aimée des lieux du drame, Adrien décide qu'ils embarqueront sur le paquebot Normandie en partance pour New York. Luxe et volupté sont au programme des quatre jours de traversée : dîner à la table du commandant, cocktails au grill-bar, champagne en cabine, farniente sur le sun-deck...  Sauf que deux autres meurtres vont empêcher Thérèse et Adrien de filer le parfait amour. Entre faisan Souwaroff et bombe Bibesco, les tourtereaux sont contraints de mener l'enquête. Jusqu'au moment où, à quelques heures de l'arrivée à New York, Thérèse disparaît...

mardi 4 avril 2017

Michèle Barrière, A la table du Sultan.



1547. François Ier, le souverain, l’ami de toujours, est très affaibli et l’on doute qu’il passera l’année. Quentin, père de famille accompli, n’en est pas à son premier cheveu blanc. Mais aurait-il pu imaginer que son fils Pierre lui causerait tant de soucis ? Le jeune homme, au service de l’ambassadeur de France à Constantinople, s’est épris de la fille d’un vizir, au mépris des mœurs à la cour de Soliman le Magnifique.
Retenu prisonnier, son sort dépend désormais des talents culinaires de son père : en effet, Quentin n’a d’autre choix que de venir plaider sa cause en personne, et l’on sait désormais qu’il n’argumente jamais mieux que derrière ses fourneaux. D’autant qu’il dispose d’un mets de choix pour flatter les papilles de Soliman et de son épouse Roxelane : la dinde, nouvellement arrivée des Amériques et inconnue du Grand Turc.
Mais pour sauver Pierre du courroux ottoman, Quentin va devoir affronter un maître-queux irascible et prêt à tout pour voir disparaître ce « rival » venu de France.

vendredi 3 mars 2017

Les pratiques alimentaires des étudiants chinois en France : approche de leurs processus d’adaptation


Intervention de Danyu Liu le vendredi 13 janvier 2017, Doctorante en Sociologie à l’EHESS

            Chaque année, des milliers d’étudiants chinois décident de sauter le pas et choisissent la France. Depuis 1998, la politique française est devenue plus souple en matières de visas étudiants. Les étudiants chinois sont de plus en plus nombreux à suivre des formations en France, les domaines d’études les plus prisés sont l’économie et la gestion, l’ingénierie et l’art. Les motivations de ces étudiants sont davantage liées à des considérations d’opportunités économiques qu’à des penchants culturels.
Pour la majorité d’entre eux, il s’agit d’une expérience inédite qui implique une rupture profonde avec leur mode de vie antérieur, sur les plans sociaux, culturels, géographiques et de rythme de vie. En arrivant dans un milieu qui ne ressemble pas du tout à son pays d’origine, manger est un premier acte auquel on doit faire face, ce qui pose à la fois des problèmes d’adaptations matérielles mais aussi culturelles.
            Cette recherche porte sur une population originaire de la République Populaire de Chine (RPC), elle est née après les années 80, elle est arrivée en France après les années 2000. Dès lors, ce travail consiste à comprendre comment cette population, au travers de différentes étapes d’apprentissage culinaire, a pu incorporer de nouveaux aliments dans les aliments chinois. Comment elle a appris à faire la cuisine? Par quels moyens? D’où lui viennent cette volonté et cette motivation? Etc.
            Pour répondre à ces questions, ce travail s’appuie sur les matériaux collectés, à travers l’enquête qualitative. Ces données nous livrent d’abord une analyse des parcours de cette population, notamment son rapport à l’alimentation avant d’arriver en France et ses représentations concernant la cuisine. Ensuite elles nous permettent de découvrir dans quelles mesures ses expériences respectives en Chine influencent ses réactions et les stratégies qu’elle adopte pour satisfaire ses besoins alimentaires. Enfin elles nous indiquent les stratégies et les compromis auxquels elle a recours pour s’adapter.
            

mercredi 1 mars 2017

L'organisation des petits et grands dîners aux Tuileries du Consulat au Second Empire



Intervention de Charles Eloi-Vial le vendredi 24 février 2017.

Malgré la chute de la monarchie en 1792, une vie de cour refleurit au palais des Tuileries dès le Consulat, pour le disparaître qu'avec la fin du Second Empire en 1870. Arrivés sur le trône suite à des coups d'Etat, des révolutions ou des défaites militaires, les souverains français du XIXe siècle tentèrent de gagner en légitimité en réformant de manière radicale l'ancienne étiquette en vigueur à Versailles sous l'Ancien Régime, notamment pour tout ce qui concernait les repas, que les rois de France prenaient généralement seuls et en public. Dès l'arrivée au pouvoir de Bonaparte, de grands banquets, inspirés par les usages révolutionnaires, furent ainsi organisés aux Tuileries, réunissant plusieurs centaines de personne. Par la suite, tous les régimes surent inventer de nouvelles manières de recevoir : les cuisines furent ainsi énormément sollicitées sous la Monarchie de Juillet et le Second Empire, où 6000 invités pouvaient être invités à dîner par le souverain dans la même soirée. La succession de buffets, de collations, de déjeuners plus ou moins intimes et de grands dîners réunissant la fine fleur de la société montrent l'utilisation des arts de la table, perçus par les monarques et leur entourage comme une arme politique. La composition des menus, le fonctionnement des cuisines, le travail du personnel et la façon de servir à table, le service à la française disparaissant progressivement au profit du service à la russe, permettent d’étudier la naissance progressive d'un art de recevoir qui n'évoque plus seulement la monarchie, mais renvoie directement à nos traditions républicaines actuelles.


Les derniers feux de la monarchie. La cour au siècle des Révolutions 1789-1870.
Charles-Eloi VIAL
Empereurs, rois et courtisans au siècle des révolutions. 

La cour de France n'est pas morte avec l'Ancien Régime. Au contraire, elle n'a cessé de renaître de ses cendres et de se métamorphoser sous les quatre rois – Louis XVI, Louis XVIII, Charles X, Louis-Philippe – et les deux empereurs – Napoléon Ier, puis Napoléon III – qui ont occupé le pouvoir de 1789 à 1870.

Écrit à partir de nombreuses archives inédites, ce livre sans précédent est riche en découvertes et en réflexions sur la vie quotidienne des souverains successifs et de leurs courtisans. D'une plume alerte, Charles- Éloi Vial transcrit leurs voyages, leurs fêtes et représentations publiques, mais aussi le coeur de leur intimité, à la fois au zénith de leur apogée, puis dans la brutalité de leur chute.

L'auteur explique ainsi la permanence d'une tendance à l'enfermement et d'une volonté politique d'ouverture, paradoxe fondateur de la cour et plus largement de la vie politique nationale. C'est dire si ce remarquable ouvrage vient régénérer l'histoire de la cour, finalement grande gagnante du siècle des révolutions.

Charles-Eloi VIAL
Archiviste paléographe, docteur en histoire de l'université Paris-Sorbonne, Charles-Éloi Vial est conservateur à la Bibliothèque nationale de France, où il est chargé des manuscrits modernes et contemporains. 
Son dernier et passionnant ouvrage « Les derniers feux de la monarchie. La cour au siècle des révolutions 1789-1870 » est à découvrir et à lire sans modération.
 Il y traite bien entendu du fonctionnement de ces cours successives mais il évoque aussi, au travers de très nombreuses archives souvent inédites, la vie quotidienne avec ses fêtes, ses banquets, ses soupers, ses buffets… et par là même tous les types de repas qui étaient servis, sans oublier les arts de la table, les types de services et bien sûr les types de mets et de vins …